Discours de l’ambasadeur pour l’inauguration de la ligne SONABEL Ouahigouya-Ouagadougou

L’ambassadeur de France, Xavier Lapeyre de Cabanes, a participé avec le ministre de l’Énergie à l’inauguration de l’interconnexion électrique entre la région Nord et le réseau national, lundi 29 à Ouahigouya.

Monsieur le ministre de l’énergie,
Monsieur le maire,
Mesdames messieurs,

Je suis très heureux que ma première visite à Ouahigouya commence par l’inauguration de cette ligne électrique à haute tension qui relie votre ville et Ouagadougou et permettra d’augmenter la puissance disponible, d’une part, et de réduire les délestages, véritable plaie qui non seulement abîme les équipements domestiques ou industriels, mais nuit considérablement à toute l’activité économique.
Naturellement, j’ai d’abord rendu visite à vos autorités, celle de l’État, puisque j’ai été reçu par le gouverneur, et celle de la tradition, puisque j’ai eu l’honneur de me présenter au roi du Yatenga, Naaba Kiiba.

Le Burkina Faso est un partenaire de la France au Sahel de longue date et, contrairement à d’autres anciens colonisateurs, mon pays a voulu rester fidèle à ses anciennes colonies et maintenir et renforcer, en les transformant du tout au tout, les liens créés à l’époque de la colonisation, puisque nos liens sont désormais établis sur des bases égalitaires - ce que rend bien le terme de "coopération".
Si nous avons décidé que l’AFD financerait la construction de la ligne électrique reliant Ouagadougou à Ouahigouya, c’est parce que ce projet nous a paru particulièrement pertinent et parce que la France disposait des compétences pour aider la SONABEL à mener à bien ce projet.

La pertinence de cette ligne ne fait de doute pour personne et peut-être plus encore maintenant. L’inauguration de cette ligne apporte la preuve que l’État burkinabè est bien décidé à donner à toutes les régions du pays les mêmes outils nécessaires au développement économique et à l’insertion dans le monde, monde de plus en plus ouvert, où chacun peut et doit pouvoir se connecter à tous les autres.

L’énergie est le socle, la fondation, la base de toute production.
Développer l’énergie dans la région du nord, c’est donc d’abord donner les moyens à chacun de ses habitants de pouvoir vivre différemment, s’il le souhaite, de développer ses activités, quelles qu’elles soient ; il n’est pas nécessaire, je pense, de développer tout ce qu’il sera désormais possible aux habitants de cette région, de faire, à toute heure du jour ou de la nuit et sans coupure, espérons-le : apprendre à la lumière d’une lampe, conserver dans un appareil réfrigérant, s’informer avec la télévision, produire des outils, des objets, des vêtements, à l’aide d’appareils électriques, se connecter au monde via un ordinateur... Rendre plus régulier la fourniture d’électricité, c’est donc mettre fin à ce sentiment d’éloignement que peuvent éprouver les populations, ou du moins y contribuer.

Je ne dis pas que d’un coup, les problèmes vont disparaître, car ils sont multiples et ont des causes multiples - géographiques, économiques, climatiques, sociales, politiques, voire démographiques. Mais le développement économique est un des moyens d’assurer à la population un avenir et de permettre aux plus jeunes générations de s’imaginer un destin pacifique ici.
En voyant ces poteaux et ces fils, le long de la route, on n’imagine pas combien ils peuvent modifier nos vies.

C’est bien la première raison pour laquelle la France a décidé d’apporter son appui financier au Burkina : nos pays sont partenaires, nos peuples éprouvent une bienveillance, une sympathie mutuelles qui est bien symbolisée par la forte coopération décentralisée entre votre ville et Chambéry, qui existe depuis plus de 25 ans, dont le meilleur événement est le festival Lafi bala, qui aura lieu de mois prochain.
Le choix d’amener l’électricité est plus que pertinent : il est impératif. C’est pour cela qu’après l’inauguration cette ligne, qui suit qui celle relie Kaya à Dori, également sur financement de l’AFD, nous pourrions nous rendre ensemble, monsieur le ministre, à Djibo pour y inaugurer la ligne qui vient de Kongoussi, également financée par l’AFD et qui est déjà en service.

Financer l’amélioration du transport et de la distribution d’électricité est un volet important de la politique de l’AFD ; financer la production d’électricité en est un autre volet : votre pays ne pourvoit que très peu à ses propres besoins, puisque l’essentiel de votre énergie est thermique, donc produite à partir d’hydrocarbures importés. Vous y perdez en indépendance et en coûts d’importation, mais également en participation à la lutte contre le changement climatique. Votre choix, monsieur le ministre, de développer l’énergie dont le ciel vous bénit - ou nous accable un peu, aujourd’hui -, à savoir le soleil, est on ne peut plus pertinent. Outre le caractère vertueux de cette source d’énergie au titre de l’accord de Paris de décembre 2015, c’est aussi un pari économique qui a de bonnes chances d’être gagné. En effet, nous avons vu, lors de la conférence de Paris, en décembre dernier, l’intérêt très fort des entreprises privées, françaises notamment, pour venir investir dans ce domaine au Burkina. Et nous avons été témoins tout récemment, vendredi dernier, que ces initiatives privées marchent et que ces manifestations d’intérêt ne sont pas que des mots, puisque nous avons jeté ensemble, monsieur le ministre la première pelletée du projet de centrale solaire sur le site de la mine d’Essakane, centrale qui sera construite par l’entreprise française Eren, qui a bien envie de développer ses activités dans votre pays, par exemple dans le domaine de l’électricité hors réseau - "off grid", comme on dit de nos jours en pensant être plus moderne.

Nous allons d’ailleurs inaugurer cette année la plus importante centrale solaire d’Afrique de l’ouest, à Zagtouli, également financée par l’AFD et l’Union européenne.
Enfin, nous avons été heureux que des entreprises françaises soient les principaux partenaires de la SONABEL pour ce projet, Engie, pour les lignes à haute et moyenne tensions, Eiffage, pour les postes de transformation et SOFRECO comme ingénieur conseil.

Je félicite donc toutes les parties prenantes à ce projet devenu une réalité aujourd’hui et formule le vœu que les habitants de la région y trouvent une possibilité de vivre mieux.

Je souhaite à tous les musulmans du Yatenga et du Burkina Faso, un très beau mois de ramadan et vous remercie pour votre attention.

Dernière modification : 05/06/2017

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