Commémoration de l’armistice de 1918 (11/11/2017)

Discours de l’ambassadeur de France lors de la cérémonie de commémoration de l’armistice de 1918, le 11 novembre 2017, au cimetière militaire français de Ouagadougou.

Pour la quatrième année consécutive, nous commémorons, le 11 novembre, l’armistice qui mit fin aux combats de la première guerre mondiale, en ayant à l’esprit, en ligne de mire, si vous me permettez cette image militaire, le centenaire de cette guerre. Nous pouvons, chaque année, chaque mois, presque chaque jour, revivre à cent ans de distance les événements de ce conflit qui a déchiré l’Europe et transformé le monde. Il ne reste plus que 365 jours avant que nous refermions la page de ce centenaire pour que, dans un an, nous ayons enfin mis un siècle entier entre ces 51 mois de carnage et nous : 100 ans, c’est un horizon improbable, une durée rarement connue au cours d’une vie et c’est assez pour qu’il soit bien certain que c’est d’histoire que nous parlons. S’il est encore, parmi nous, des hommes et des femmes qui ont vécu au cours de ces années, il n’est pas bien certain qu’ils aient été suffisamment âgés pour s’en souvenir, et il est certain qu’ils furent trop jeunes pour avoir un autre rôle que celui de spectateurs.

Cette année, nous célébrons le centenaire de 1917. Après trois ans de conflit, c’est l’année de la « fatigue des peuples » mais aussi le tournant de la guerre. Sur le temps long, elle s’avère déterminante pour le XXème siècle. Ses conséquences se font encore sentir aujourd’hui.

D’avril à octobre, le Chemin des Dames a rendu son terrible verdict ; cet échec sanglant affecte le moral des combattants et celui de l’arrière. L’armée française n’est pas seule à se sacrifier. Au prix de lourdes pertes, les Canadiens mènent l’offensive à Vimy, les Britanniques à Passchendaele, les Italiens sont vaincus à Caporetto.

Les Etats-Unis rompent avec l’isolationnisme et s’engagent aux côtés de l’Entente. L’arrivée progressive des soldats américains change le rapport de force et va contribuer à forger la victoire. La mondialisation du conflit s’est intensifiée.

Traversée par une révolution populaire, en février, et une révolution de palais, en novembre, la Russie connaît de profonds bouleversements et signe le 15 décembre un armistice avec l’Allemagne.

Victimes indirectes de la guerre, des centaines de milliers d’enfants en portent les séquelles et se retrouvent orphelins. Ils grandiront seuls ou au sein de familles incomplètes marquées à jamais par la perte. C’est pour leur permettre de vivre dignement que l’Etat crée le 27 juillet 1917 le statut de « pupille de la Nation ». Destiné à l’origine aux orphelins de guerre, il est étendu aujourd’hui aux orphelins d’un parent tué en opération militaire extérieure ou lors d’un attentat terroriste.

Le 16 novembre 1917, il y a presque cent ans, au milieu de la tempête, Georges Clemenceau était appelé à former le gouvernement. Président du conseil et ministre de la guerre, à 76 ans, il appelle à la « guerre intégrale » et remobilise la Nation et les armées avec l’obsession de mener la France à la victoire.

Aujourd’hui, nos armées continuent d’assurer la sécurité du territoire national et permettent ainsi à la nation de vivre en paix sur son sol. Mais elles le font non seulement notre sol, avec l’opération Sentinelle bien connue, mais aussi à distance : plus de 6 000 militaires sont engagés dans des opérations extérieures en Afrique dont 4 000 pour Barkhane au Sahel. Et le contexte sécuritaire en 2017 confirme la réalité et le danger de menaces qui s’inscrivent dans la durée au niveau mondial. Ici, au Burkina Faso, cette menace n’est pas que théorique : nous avons une pensée pour les victimes de l’attentat d’Aziz Istanbul, dont un de nos compatriotes, et pour les membres des forces de sécurité burkinabè qui sont victimes d’actions terroristes dans les provinces du nord et du Sahel. C’est aussi pour cela que les forces françaises sont présentes dans la région : pour aider à la montée en puissance de la force conjointe constituée par le G5, les 5 pays de la zone du Sahel ; et pour venir en appui direct, par des opérations conjointes ou en soutien logistique ou médical de nos partenaires : encore avant-hier, un de nos hélicoptères a pu permettre d’évacuer jusqu’à Ouagadougou 3 militaires burkinabè qui avaient été blessés, dont l’un gravement, au cours d’une opération réussie qu’ils avaient menée contre un groupe terroriste.

En ce jour du 11 novembre, depuis la loi de 2012, nous rendons hommage à l’ensemble des morts pour la France. A ceux tombés lors de la Grande Guerre, lors de la Seconde Guerre mondiale, lors des guerres de décolonisation, à ceux tombés hier et aujourd’hui – depuis l’année dernière, cinq soldats français sont morts, dont un lors d’une opération au Mali dans la région frontalière du Burkina, la Nation reconnaissante rend hommage.

Dernière modification : 15/11/2017

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