Cérémonie de décoration, discours de Monsieur l’ambassadeur

Discours de Xavier Lapeyre de Cabanes, ambassadeur de France au Burkina Faso, lors de la cérémonie de décoration et d’au revoir, qui a eu lieu le 25 juillet 2019, à la résidence ministérielle de Monsieur le ministre des affaires étrangères et de la coopération, Alpha Barry

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Monsieur le ministre,

Cher Alpha,

J’espère que Votre Excellence, monsieur le ministre, ne m’en voudra pas d’avoir osé ainsi commencer mon propos en faisant preuve d’une familiarité, en usant de votre prénom, que vous ne m’avez pas encore autorisée. Mais je me la suis permise, d’une part, parce que je tiens le micro, et, d’autre part, en raison de la relation que nous avons bâtie et des attentions amicales que vous avez toujours manifestée à mon endroit, ce dont je vous suis très reconnaissant.

Car la mission d’un ambassadeur, de France en particulier peut-être, impose de déranger assez souvent les ministres et surtout le ministre des affaires étrangères et de la coopération que vous êtes. En effet, la relation entre nos deux pays est dense depuis longtemps et couvre tous les domaines possibles, ou du moins un grand nombre ; une part importante de nos relations ne passe d’ailleurs pas par les États, je pense notamment à la coopération décentralisée, dont la France est le premier partenaire du Burkina, et aux innombrables associations qui œuvrent au Burkina Faso, mais aussi aux partenariats universitaires, aux étudiants… et naturellement à l’importante communauté de Français qui habitent dans votre pays, autant de liens entre la France et le Burkina. Mais la coopération entre les États est également fondamentale et je me réjouis qu’elle soit si bonne entre mon pays et le pays où je le représente.

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Au cours de ces trois années que j’ai passées chez vous, où je me suis senti si bien accueilli, le Burkina a connu des moments difficiles et parfois tragiques. La lutte contre les groupes terroristes a incité mon pays, lorsqu’il a été sollicité, à porter aide et assistance au Burkina. Cela nous a valu d’être pris pour cibles simultanément le 2 mars 2018 et je remercie encore les autorités burkinabè d’avoir renforcé la protection de l’ambassade, de l’Institut français, du lycée français depuis lors, permettant ainsi aux services de l’État de continuer à travailler sereinement au service de l’excellente relation entre nos deux pays. Je salue l’action résolue menée par le gouvernement auquel vous appartenez, monsieur le ministre, pour lutter dans le respect du droit contre les groupes qui terrorisent certains de vos compatriotes, ayant poussé un trop grand nombre à quitter leur village pour trouver refuge un peu plus au sud. La France ne manque pas de participer à l’action menée par le PAM, le HCR et les Nations unies en général pour vous apporter son soutien dans ce moment difficile. Vous savez pouvoir compter sur nous.

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Pendant ces trois années, le président Kaboré a été reçu deux fois en visite officielle à Paris et il a lui-même reçu le président Macron au cours d’une visite qui a marqué non seulement ma mission mais, plus largement, la relation entre nos deux pays ; votre homologue s’est rendu deux fois à Ouagadougou et la ministre des armées a fait également le voyage pour être reçu par le président du Faso. Je n’ai pas compté les visites de parlementaires ni les très nombreuses visites de collectivités territoriales.

Pour ma part, j’ai parcouru le pays autant que j’ai pu, mais sûrement pas autant que j’aurais voulu, pour des raisons que vous connaissez tous, pour aller à la rencontre des Burkinabè, et pour célébrer, trois années de suite, la fête nationale avec un peu d’avance, à Bobo-Dioulasso, en compagnie de mes compatriotes qui habitent dans la région des Hauts-Bassins et dans celle des Cascades et des personnalités locales de ces deux régions.

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J’ai été très heureux de passer ces trois ans avec vous et chez vous et je vous suis reconnaissant, Monsieur le ministre, de témoigner, par cette décoration, que vous venez de me remettre, que mon passage au Burkina ne vous a pas été désagréable non plus. Je ne doute pas que l’action de l’ambassade, qu’il s’agisse de coopération en matière de sécurité et de défense, de soutien budgétaire, d’aide à l’électrification et à l’assainissement, de coopération universitaire, de la création de la Ruche, que vous avez inaugurée avec votre homologue, sera poursuivie, comme je m’étais installé dans les pas de mon prédécesseur. Car l’excellence et la force de notre relation ne dépendent pas de l’ambassadeur et chacun essaie d’apporter sa pierre à son renforcement.

Je souhaite donc que la paix revienne définitivement dans votre pays et je formule les vœux de réussite à mon successeur au service de la relation entre la France et le Burkina.

Je vous remercie./.

Dernière modification : 26/07/2019

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