Burkina-France, une coopération exemplaire en matière de protection civile

La sécurité civile et la protection civile œuvrent tous les jours pour le bien public et la protection des citoyens. Une des dimensions majeures de la gouvernance démocratique des États réside dans l’égalité pour chaque citoyen d’avoir accès à la sécurité des personnes, à la protection des biens et à la prise en charge des biens et des personnes en cas de crise. C’est pourquoi, le Burkina Faso et la France travaillent ensemble à améliorer l’efficacité des services de protection civile dans le cadre d’une politique globale de coopération et d’appui à l’Institut Supérieur d’Études de Protection Civile (ISEPC).

JPEGLa maison du feu de l’ISEPC

L’Institut Supérieur d’Études de Protection Civile (ISEPC) a été inauguré en 2012 à Ouagadougou. Cet institut de formation supérieure, unique sur tout le continent, participe à l’amélioration des capacités des services de Protection Civile des Etats africains.

Son existence renforce ainsi une dimension majeure de la gouvernance démocratique des États en Afrique, à savoir l’égalité pour chaque citoyen d’avoir accès à la sécurité des personnes, à la protection des biens et à la prise en charge des biens et des personnes en cas de crise.

L’Institut Supérieur d’Études de Protection Civile est une structure dédiée à la formation de l’ensemble des métiers de la protection civile, à la recherche et à la certification des matériaux de construction. Il est en effet prévu la mise en place d’un laboratoire de recherche et de certification des matériaux, dans le même genre que les laboratoires en Europe.

Installé sur une parcelle de sept hectares, à quatre kilomètres du centre-ville de Ouagadougou, de son aéroport international et des principales gares routières desservant l’Afrique de l’Ouest, le site de l’ISEPC est prévu pour accueillir, à terme, à la fois des salles de cours, un restaurant-mess-cyber café, des logements et des bâtiments administratifs, ainsi que des plateaux techniques et sportifs.

JPEGDes stagiaires en action dans la maison du feu

Depuis sa création, l’ISEPC a formé près de 1500 stagiaires venant de vingt et un pays africains. L’Institut Supérieur d’Études de Protection Civile est donc devenu, en peu de temps, un centre d’excellence, apprécié et reconnu par tous les pays partenaires. Il constitue le socle propice à l’émergence d’une capacité régionale d’intervention en cas de catastrophe majeure dans l’un des pays bénéficiaires.

Établissement public de l’État à caractère administratif, financé par le Burkina Faso et la France, l’ISEPC est doté d’un conseil d’administration, d’une direction générale et d’un conseil scientifique et pédagogique.

Chiffres clés :

  • Depuis 2012, l’ISEPC a formé près de 1500 stagiaires ;
  • Les stagiaires proviennent de 21 pays africains partenaires ;
  • Chaque année, la France alloue un budget d’environ 60 millions de FCFA à l’ISEPC ;

Soutien de la France

Chaque année, la France alloue un budget d’environ 60 millions de FCFA, afin d’appuyer le budget de fonctionnement (financement des stages de formations) et d’investissements (réalisation de structure pédagogiques) de l’Institut Supérieur d’Etudes de Protection Civile (ISEPC).

JPEGLa maison du feu de l’ISEPC

Dans le cadre de cette fructueuse coopération en matière de protection civile, de nombreuses réalisations ont pu voir le jour grâce au soutien et à l’accompagnement de la France.

En 2017, une maison de la manœuvre a été créée. Elle a nécessité un investissement de près de 20 millions de FCFA. Sur deux étages, cette structure permet la réalisation d’exercices au plus proche des conditions réelles, que ce soit dans les domaines du secourisme, de l’incendie ou de l’intervention en milieu périlleux. Cette maison de la manœuvre est, elle-même, dotée d’une structure interne entièrement modulable. Les cheminements et les obstacles peuvent varier à l’infini, permettant à chaque exercice d’être différent des précédents. Le puits et la galerie souterraine mettent en situation les stagiaires en simulant des interventions dans les sites miniers. Enfin, l’ensemble de la maison de la manœuvre peut être enfumé, ce qui rend les conditions d’exercice extrêmement réalistes.

JPEGDes stagiaires en exercice

En 2018, un site d’exercice « Recherche des Causes et Circonstances des Incendies (RCCI) » a vu le jour à l’Institut Supérieur d’Études de Protection Civile. Cette structure a nécessité un investissement de près de 5 millions de FCFA. Et la remise en état après chaque stage coûte près de 3 millions de FCFA. Cet outil permet la reconstitution à l’identique de pièces de logement (salon, cuisine, chambre, etc.) entièrement équipées. Après avoir déclenché un incendie et avoir laissé brûler la pièce, les pompiers procèdent à l’extinction. Ensuite, les stagiaires RCCI mènent les investigations nécessaires dans des conditions parfaitement réalistes.

JPEGLe magasin

En 2019, un magasin dédié au rangement et à l’entretien des différents matériels a été organisé, car les matériels nécessaires à la réalisation des exercices d’entrainement sont très variés et très couteux (investissement de près de 30 millions de FCFA). Il est donc très importants de pouvoir les stocker et les entretenir dans les meilleures conditions possible, afin d’en garantir la pérennité. Offrant une partie bureau pour le personnel en charge du suivi et de l’entretien des matériels, l’ensemble de la structure est climatisé afin de garantir un stockage parfait des matériels. Une terrasse couverte et bétonnée vient compléter l’ensemble et permet la tenue de séance d’instruction sur l’utilisation des matériels.

JPEGLe magasin

En 2019, également, divers équipements sportifs ont été fournis par la France pour un montant d’environ 3 millions de FCFA.

En parallèle des financements exceptionnels venant s’ajouter au budget initial ont pu être obtenus de la coopération française et ont permis la réalisation de structures pédagogiques ainsi que l’achat de nombreux équipements :

-* En 2017 : Achat de lot de sauvetage (cordes, harnais…) pour un montant de 7 millions de FCFA ;

  • En 2018 : création d’un ensemble pédagogique permettant la réalisation de stage gestion de crises de haut niveau (investissement de 30 millions de FCFA) ;
  • Achat de matériel spécifique secours routiers (8 millions de FCFA) et d’un compresseur d’air permettant le rechargement des appareils respiratoire (10 millions de FCFA) ;
  • En 2019 : Achat de 45 tenues de feux pour un montant de 16 millions de FCFA ;
  • Mise en place prévue pour 2020 de 10 tableaux numériques interactifs, afin d’équiper les salles de cours d’un matériel pédagogique à la pointe de la technologie (investissement de près de 20 millions de FCFA).

Les formations

JPEGExercice « Recherche des Causes et Circonstances des Incendies (RCCI) »

L’Institut Supérieur d’Études de Protection Civile dispense des formations dans de nombreux domaines :

  • Incendie et secours : gestion opérationnelle et commandement des interventions. Depuis 2017 se déroule chaque année un stage intitulé, « Commandement des Opérations de Secours (COS) ». C’est le plus haut niveau de formation des officiers ;
  • Secourisme : stages de moniteurs et instructeurs de secourisme ;
  • Secours routier : module dédié à la problématique des accidents de la circulation, aux techniques de désincarcération, etc. ;
  • Nucléaire, radiologique, biologique et chimique : Depuis 2019 des stages de formations aux interventions à caractères chimiques sont dispensés au sein de l’institut y compris dans la formation initiale des officiers ;
  • Sauvetage en milieux périlleux : module regroupant les techniques de sauvetage utilisées lors d’interventions en hauteur, ou en profondeur, et d’effondrements ou éboulements (bâtiment, mines, puits, carrières, etc.) ;
  • Prévention : certificat et brevet permettant l’étude de dossiers de permis de construire, la participation à des commissions de sécurité, etc. ;
  • Planification : élaboration de doctrine nationale sur la prévision des risques, le rôle des différents acteurs, les consignes aux populations et la rédaction des textes réglementaires ;
  • Gestion de crises : apprentissage des méthodes de travail interservices dans un centre opérationnel ou un centre de gestion de crises ;
  • Sécurité incendie et assistance à la personne : formation des personnels des services de sécurité incendie et d’assistance à la personne dans les établissements recevant du public, les immeubles de grande hauteur ;
  • Protection des populations : module de préparation à l’action internationale humanitaire (continuum urgence, réhabilitation, développement) ;
  • Recherches des causes et circonstances des incendies : Depuis 2018, une formation dédiée aux enquêtes pour déterminer l’origine de sinistres, et faire évoluer les textes de prévention ou les concepts opérationnels, a été mis en place au sein de l’Institut.

JPEGExercice « Recherche des Causes et Circonstances des Incendies (RCCI) »

Les publics ciblés

L’Institut Supérieur d’Etudes de Protection Civile s’adresse à trois types de publics : les responsables administratifs, les autorités publiques et les cadres d’entreprises ; les cadres supérieurs des unités de sapeurs-pompiers ; et les personnels des services de protection civile.

La finalité recherchée de ces formations supérieures, pour les responsables publics-privés, concernés par la gestion de crise et la protection de la population, est de leur permettre d’accroitre leurs connaissances et donc leurs compétences sur les problématiques suivantes :

  • législatives (textes de références nationaux) ;
  • de mise en œuvre des politiques publiques (organisation et fonctionnement des services) ;
  • de l’action internationale humanitaire (continuum urgence, réhabilitation, développement),
  • de culture du risque et de communication de crise.

Pour les cadres supérieurs des unités de sapeurs-pompiers, dédiés à la coordination et au commandement des opérations de secours, il s’agit de permettre à ces personnels des unités nationales de secours d’urgence et de lutte contre l’incendie d’acquérir toutes les techniques nécessaires à l’accomplissement de leurs missions régaliennes. Celles-ci concernent principalement :

  • le secours aux victimes, y compris les accidentés de la route ;
  • la lutte contre les incendies, les accidents dus au gaz, à l’eau, à l’électricité ;
  • les interventions à caractère radiologique, biologique, chimique.

JPEGExercice « Recherche des Causes et Circonstances des Incendies (RCCI) »

L’effet final recherché est de transmettre à ces personnels la capacité de commander et de coordonner l’action des services de secours. Pour les pays bénéficiaires, les résultats sont quantifiables en nombre de sapeurs-pompiers formés ; et au-delà, par l’amélioration des systèmes de réaction d’urgence, de l’action des services publics de secours d’urgence.

Enfin, pour le personnel des services de protection civile à la gestion des risques, il s’agit de donner aux responsables des directions nationales de protection civile, ainsi qu’aux cadres d’entreprises privées les outils nécessaires à l’analyse, la prévention et la couverture des risques :

  • naturels (inondations, tempêtes, effondrements, sécheresse, feux de végétation, invasion acridienne) ;
  • technologiques (industries pétrolières et chimiques, transports, pollution environnementale) ;
  • humains (mouvements de foule, épidémies, pandémies, accidents de circulation, accidents domestiques).

Ces risques majeurs constituent un frein à la capacité de développement des Etats d’Afrique subsaharienne. Ces formations permettent de développer les capacités des directions africaines de protection civile, pour maîtriser et réduire les conséquences et l’occurrence de ces phénomènes. Les résultats seront liés à une amélioration de la prise en charge, y compris préventive, des populations en cas de crise.

Dernière modification : 17/06/2019

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