Allocution de M. Dominique Delpuech, chargé d’affaires, lors de la cérémonie du 11 novembre 2019

Lors de la cérémonie du 11 novembre 2019, les anciens combattants et les veuves, les autorités civiles et militaires burkinabè et françaises étaient réunis pour commémorer la fin de la 1ère Guerre mondiale.

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Monsieur le général chef d’état-major général des Armées,
Messieurs les chefs d’état-major d’Armées,
Messieurs les attachés de Défense,
Monsieur le délégué aux anciens combattants du ministère de la défense nationale,
Monsieur le président de l’association unique des anciens combattants et anciens militaires,
Messieurs les officiers et sous-officiers,
Chers anciens combattants et veuves,
Honorables invités,
Mesdames, messieurs,

C’était il y a un siècle.

Un an après la fin des combats de la Grande Guerre, le 11 novembre 1919 fut le premier de la paix retrouvée.

Désormais, le silence domine là où l’orage d’acier a tonné avec fureur. Il règne sur d’innombrables champs de batailles qui ont charrié un si long cortège de morts, de mutilés, de blessés et de traumatisés.

Les traités sont signés, l’allégresse de la Victoire s’est déployée dans une ampleur incomparable le 14 juillet 1919, l’état de siège vient d’être levé, la vie sociale et politique reprend ses droits, la démobilisation poursuit sa lente progression. Les Poilus retrouvent leur foyer, leur famille et leur commune. Ils découvrent une vie bouleversée, une France transformée par une épreuve de quatre années et par de profondes séquelles. Partout, le pays est traversé par la sourde évidence que rien ne sera plus jamais comme avant, que le retour à l’avant-guerre est impossible.

C’était il y a cent ans. Une nouvelle page s’ouvrait. Celle du souvenir, de la mémoire et de l’hommage.

Depuis, inlassablement, les Français sont fidèles à cet anniversaire. En ce jour, dans les nécropoles, devant les monuments aux morts, sur les places de nos villes et de nos villages, toutes les générations – unies et solidaires – se rassemblent et se recueillent.

La Nation se souvient de ceux qui se sont battus pour elle entre 1914 et 1918. Elle n’oublie pas ses enfants tombés au champ d’honneur sur tous les fronts, d’Orient et d’Occident. Elle n’oublie pas le sang versé par des soldats venus d’Afrique, d’Asie, du Pacifique et d’Amérique. Elle salue toutes les nations alliées qui ont partagé le même combat.

Les noms gravés sur nos monuments aux morts nous rappellent constamment les valeurs d’honneur, de courage, de dévouement et de bravoure.

Depuis 2012, chaque 11 novembre est aussi l’occasion d’honorer toutes les filles et les fils de France qui, dans tous les conflits, hier comme aujourd’hui, ont accompli leur devoir jusqu’au don suprême.

En ce jour, la Nation rend un hommage particulier aux soldats morts pour la France en opérations extérieures. En inaugurant un monument national en leur mémoire, le Président de la République inscrit dans la pierre comme dans les mémoires la reconnaissance pleine et entière de tout un peuple pour ses combattants. Haut Lieu de la Mémoire Nationale, ce « monument aux morts pour la France en opérations extérieures » est aussi un rappel : la préservation de notre indépendance, de notre liberté et de nos valeurs repose sur ceux qui ont donné leur vie pour les défendre.

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Tout soldat engagé pour servir la France est un combattant au service des autres, chacun étant dans son rôle un maillon essentiel de la chaîne. Dans les combats que mènent avec détermination nos soldats face à un terrorisme aux ramifications transnationales, les armées françaises sont aujourd’hui engagées avec détermination aux côtés de leurs partenaires et de leurs alliés contre un ennemi commun. Vous le savez, contre le terrorisme, la détermination et l’union des volontés sont essentielles.

Nos armées participent à cette « défense de l’avant » en luttant à l’étranger contre les foyers du terrorisme qui menacent la France et les Français. En s’ancrant dans une stratégie de long terme, en s’appuyant sur la persévérance et l’endurance, l’action portera inéluctablement ses fruits.

Mais la paix ne va pas de soi : elle se prépare, elle se conquiert, elle se protège.

Notre engagement au Sahel vise une approche globale dans laquelle s’inscrit Barkhane, opération militaire la plus importante pour les armées françaises, opération essentielle pour la sécurité des Français et des Européens mais également pour la stabilité des Etats de la région.

C’est tout le sens de la stratégie sahélienne de la France ayant pour objectif l’acquisition par les Etats partenaires du G5 Sahel d’une capacité à assurer leur sécurité de façon autonome. Le partenariat opérationnel, tel qu’il se vit aujourd’hui même au Burkina Faso à travers l’opération Bourgou 4, s’inscrit dans cette logique humaine d’investissement sur le long terme qui permet aux forces locales une appropriation progressive de la problématique sécuritaire.

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Amis burkinabè,

L’action de Barkhane s’inscrit dans la durée, car la lutte sera longue,. Nos actions conjointes visent tout à la fois à accompagner votre montée en puissance, à réduire la liberté d’action des groupes armés terroristes, à les priver de leurs moyens de combats et à leur dénier tout sanctuaire.

Malgré les lourdes pertes enregistrées, malgré que de trop nombreuses filles et fils du Pays des Hommes intègres soient tombés sous les balles assassines, les Forces de défense et de sécurité burkinabè demeurent debout, partenaires militaires résolument engagés sur le terrain et déterminés à mener un combat sans fin contre l’hydre terroriste. C’est tout à votre honneur.

Au-delà de l’effort de guerre, c’est avec l’ensemble des acteurs politiques, diplomatiques et économiques présents au Sahel que nous conjuguons nos efforts pour préparer ensemble, avec nos partenaires, les conditions de la paix et du développement. Car il n’y a pas de place pour le développement sans sécurité, comme il n’y a pas de sécurité sans développement.

Nous sommes ensemble.

Je vous remercie.

Dernière modification : 15/11/2019

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